Loading...

Comment (ne pas) écrire une histoire originale

Jedi au sabre laser rouge - Encre du phénix

Nous nous sommes tous, à un moment donné de notre passé d’écrivain, posé cette question : mon histoire est-elle originale ? Comment savoir si je n’ai pas accidentellement copié un livre existant ? Comment rendre mon roman unique et inoubliable ?

Je vous arrête tout de suite : je n’ai pas la réponse. Pas à ces questions, en tout cas, parce qu’elles n’ont pas lieu d’être. Soyons clair, une histoire ne sera jamais unique. Originale, peut-être un peu, pour une partie, un personnage, un moment clé de l’intrigue, mais aucun roman ne peut être innovant de la première à la quatrième de couverture. Ce serait imbuvable.

En effet, l’Homme est un être social et sédentaire. Il recherche un foyer, des repères et des habitudes ; et, dans le même ordre d’idée, un lecteur partira en quête d’une structure ou de clichés qu’il connaît déjà. Pas convaincu ? Voici quelques stéréotypes que nous retrouvons régulièrement dans le monde de la fantasy. A vous de me dire si vous avez déjà lu un livre qui ne contient pas au moins l’un d’entre eux (je serais curieuse de le connaître 😉 ) :

  • un héros faible qui gagne en puissance le long de l’histoire
  • une ville/pays/continent en guerre contre une race monstrueuse
  • une quête, une légende, une destinée que le héro doit accomplir
  • une arme ou un artefact magique que seul le héro peut utiliser
  • une race ou un personnage qui perd son humanité lorsqu’il se transforme (ex : loup-garou, double personnalité, parasite…)
  • un amour impossible
  • un ennemi personnifié comme le mal absolu
  • un héro orphelin ou déconnecté de ses parents
  • les héros se retrouvent dans une taverne pour boire et/ou obtenir des informations
  • le héro se ballade toujours avec une mascotte/une créature mignonne/marrante
  • on retrouve des races ancestrales comme les elfes (sylvains, noirs, …) les nains, les dragons… mais attention ! Pour faire original, on change légèrement le nom : les drows, les wyvernes…

Et la liste pourrait encore continuer un bon moment ! Comme vous le voyez, la plupart des œuvres de fantasy n’échappent pas aux clichés. Les plus connus sont d’ailleurs les premiers à être fautifs : comparez cette liste avec Harry Potter, le Seigneur des anneaux ou encore Ewilan… 😉 Et pourtant, ils ont connus un succès fou !

Il ne faut donc pas avoir peur des clichés, mais plutôt en jouer, les sélectionner avec soin et surtout les développer conjointement avec votre intrigue. Vous pouvez tout à fait intégrer des elfes dans votre roman, mais veillez à leur inventer un background solide, une raison à leur existence et des liens forts avec l’intrigue que vous mènerez. Si c’est uniquement pour introduire un personnage aux longues oreilles et avec un attrait particulier pour la nature… Il est peut-être temps de réviser votre position.

Par contre, imaginez : la nation de votre héro a maîtrisé les machines et les technologies de guerre depuis des siècles. Elle se développe en dévorant la sève des arbres, l’énergie nécessaire pour faire marcher les cités-villes qui se déplacent à travers les plaines. Jusque là, les elfes s’étaient terrés dans les forêts reculées, isolés du reste du monde, mais saufs… Mais les derniers arbres commencent à tomber, et les cités-villes se rapprochent inexorablement de leur foyer. Tout porte à croire que la guerre pour la dernière forêt serait inévitable, mais c’est sans compter la rencontre inopinée entre le héro et la princesse des elfes. Elle a beau détester tout ce que le héro représente, une dette est une dette, et elle l’honorera quoi qu’il lui en coûte.

Là, on retrouve le cliché des races, de l’amour impossible, du monde en guerre… Et ce n’est que le début ! Pourtant, l’histoire a du potentiel et elle se trouve bien loin du Seigneur des anneaux, chez qui nous retrouvons les mêmes stéréotypes. Tout est une question d’interprétation. Et il n’y a pas de limites ! Chacun a sa propre vision d’un cliché ; tournez-le à votre sauce et exploitez-le à fond !

Un cliché n’est mauvais que s’il n’apporte rien à votre roman 🙂

Allez, racontez-moi : quel est le pire traitement d’un cliché que vous ayez lu (ou écrit – promis, on ne se moquera pas 😉 ) ?

Vous pourriez également apprécier

commentaires (3)

  • Avatar
    Bosi 1 année plus tôt Répondre

    Je peux t’en citer plein de livres n’utilisant pas ces ressorts… mais c’est en dehors de la fantasy, donc ça ne compte pas :’)
    Sinon, je suis d’accord. Les histoires ont (presque) toutes déjà été narrées, il ne faut maintenant plus que changer la manière dont on va les narrer !
    Bon courage pour la suite de ton blog 😀

    encreduphenix
    encreduphenix 1 année plus tôt Répondre

    Ah oui, effectivement, j’imagine qu’on trouve nombre de thrillers sans nains dedans, par exemple… :p Quoi que… Un nain serial-killer… Pourquoi pas ?
    Finalement, je trouve que l’exercice de la narration sous un autre angle est tout aussi intéressant que la création d’une histoire originale. Et puis, pas de contraintes ainsi, on écrit vraiment sur le thème que l’on veut !
    Merci beaucoup en tout cas o/

    Avatar
    Bosi 1 année plus tôt

    Un nain serial-killer, c’est sûr que c’est un concept à explorer :’D
    la forme est effectivement autre chose que le fond. Les deux sont agréables à travailler mais il est sans doute plus simple d’innover aujourd’hui sur la forme et la manière de la présenter que sur le fond !

Laisser une réponse