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Créer un personnage : les deux seuls points qui comptent

Créer un bon personnage

La construction d’un personnage est-elle si importante pour un roman ?

Réponse courte : oui.

Les personnages sont le coeur de votre roman ; c’est à travers eux que nous vivons leurs aventures, que nous ressentons leurs émotions, que nous partageons leurs espoirs et leurs peurs. Ils sont aussi les portes d’entrées de votre histoire, les piliers auxquels nous nous identifions. Un bon personnage ne suffira pas, seul, à conquérir le coeur de vos lecteurs, mais de mauvais personnages pourront les faire déguerpir.

Il va sans dire que la création de votre personnage est donc une étape essentielle à la construction de votre roman !

Oui, mais voila, vous ne savez pas par où commencer. Vous avez des tas d’idées, mais sont-elles bonnes ? Comment savoir si votre personnage va plaire ?

Rien de plus simple : vous n’avez que deux points à valider afin que votre personnage passe la barre du « bon personnage » et qu’il devienne une part intégrante de votre récit.

Un bon personnage doit être cohérent

Un personnage est avant tout un être humain comme les autres

Le premier point à considérer lors de la création d’un personnage, c’est de vérifier qu’il est cohérent. J’entends par là que ce personnage, s’il existait réellement, devrait ressembler à un être humain lambda et pas, justement, à un héros de roman.

Même si la fiction n’est que le reflet de la réalité, notre devoir est de la rendre aussi réaliste que possible. Chaque faux détail, chaque faux raccord peut faire froncer les sourcils à votre lecteur et le faire sortir complètement de votre récit. Si le lecteur est troublé par la façon dont vos personnages réagissent, c’est soit que vous avez mal amené la description de leur caractère ou des événements qui les poussent à réagir, soit que, dès le départ, votre personnage était mal construit.

En général, un héros de roman est justement appelé « héros » parce qu’il possède des qualités fortes qui lui permettent de se dépasser et d’en faire plus que les autres. En effet, s’il agit comme votre voisin Bertrand et qu’il se cache sous son canapé dès qu’un élément imprévu apparaît dans sa vie, son histoire risque d’être bien ennuyante… Surtout pour de la fantasy 😉

Nous devons donc construire un personnage avec des qualités plus importantes que la moyenne, mais sans pour autant qu’il soit dénué de défauts. C’est là la partie la plus délicate. Pas assez de défauts, et votre personnage risque de passer pour quelqu’un de trop parfait, d’irréaliste ; trop de défauts, et vos lecteurs auront du mal à s’identifier à lui et même à l’apprécier. Bien sûr, cela peut être un choix de votre part de créer un personnage détestable, mais c’est un choix qui intervient souvent dans le cadre d’un roman un peu plus particulier. Pour la majorité des histoires de fantasy, le héros doit être quelqu’un d’équilibré, compréhensible, quelqu’un dont nous pourrions être l’ami ou le camarade.

Attention donc à ne pas le surcharger de qualités et à le faire, parfois, échouer. Apprendre, c’est aussi apprendre l’échec, et il n’existe que peu de domaines où l’ont peut réussir du premier coup. Toute technique est un processus d’apprentissage qui prend des jours, des mois, voir des années pour le compléter – et une vie entière peut ne pas suffire.

Repensez aux dernières choses que vous avez appris :

  • Marcher
  • Parler
  • Manger seul
  • Faire du vélo
  • Apprendre à lire
  • Commencer un nouveau sport
  • Apprendre à se battre

Vous n’avez probablement pas effectué votre premier marathon après avoir posé le pied par terre pour la première fois, et vous n’avez pas non plus vaincu un champion de boxe après avoir donné votre premier coup de poing.

Pour votre héros, c’est pareil : il faut lui laisser le temps d’apprendre et de se construire. C’est une règle qui marche aussi bien pour ses compétences physiques qu’émotionnelles. Quelques exemples de défis qu’il/elle pourrait rencontrer durant son périple :

  • Se défendre contre une attaque
  • Maîtriser un pouvoir magique
  • Appréhender une nouvelle culture
  • Maîtriser sa peur face au danger
  • Apprendre à supporter la douleur pour continuer à se battre
  • Le deuil
  • Apprendre à faire confiance à des camarades fraîchement rencontrés, et apprendre à les connaître
  • Développer sa confiance en soi
  • Ou, au contraire, accepter d’avoir des doutes sur des choses que l’on pensait acquises depuis bien longtemps

Comme vous le voyez, une histoire peut être truffée de chemins d’apprentissages – il suffit de les reconnaître et de laisser le temps à son personnage de les parcourir. Rien de plus agaçant qu’un héros qui sait tout, voit tout et comprend tout avant tout le monde alors qu’il vient juste de débarquer !

Un personnage cohérent face au monde, mais aussi face à lui-même

Une autre part importante afin d’assurer la cohérence d’un personnage, c’est aussi de s’assurer que son comportement suive toujours une trame identique.

Chacun possède son propre caractère, et il est très difficile d’en changer. Quelqu’un de profondément jaloux le restera presque toujours ; il peut faire un profond travail de remise en question, de calme et de maîtrise de soi, mais la jalousie risque de faire parti de lui jusqu’au bout.

Bien sûr, le changement reste possible, mais sur du long terme et avec un vrai travail sur soi-même. Il faut donc rester vigilant quant aux actions de son personnage qui ne peuvent varier drastiquement d’un jour à l’autre. À moins d’avoir une bonne explication scénaristique, un héros qui passe sa vie à défendre la veuve et l’orphelin ne devrait pas rester au lit par flemmardise au lieu de voler au secours d’une personne en détresse. Par contre, il se peut qu’il hésite ou qu’il fléchisse lorsqu’il devra, seul, affronter un dragon.

Toute la différence réside dans les nuances et votre manière d’écrire. Chaque changement, afin qu’il soit valide pour votre personnage et accepté par vos lecteurs, doit être accompagné :

  • D’une raison ou d’un élément déclencheur
  • D’une phase de doute, de remise en question, de lâcher prise
  • D’une phase d’apprentissage
  • Et, là seulement, de l’application de ce changement

Si l’on reprend l’exemple du chasseur de dragon, il peut fuir son ennemi et passer plusieurs mois à s’entraîner contre des cibles de plus en plus importantes afin de retrouver le courage nécessaire. C’est un bon espace d’écriture pour inclure la rencontre avec un Maître, un entraînement, des échecs, des blessures, puis enfin la force qui se développe.

Il peut aussi passer du temps à se morfondre sur son cas et, après avoir touché le fond, retrouver un sursaut d’énergie et se rendre compte de ce qu’il est devenu : là, c’est son amour-propre qui sera la moteur de son changement.

N’oubliez pas, donc, de veiller à ce que votre personnage suive une trame commune à toutes ses indécisions et, s’il doit s’en écarter, d’apporter les éléments nécessaires pour rendre ce changement cohérent. Il peut être intéressant de créer des fiches de personnages recensant leurs traits de personnalité et leur réaction face à telle ou telle situation, afin de s’y référer lors de l’écriture de votre roman 🙂

Un bon personnage doit être intéressant

Nous venons de voir comment rendre un personnage cohérent. Bravo, c’est le premier point pour créer un bon personnage !

Par contre, pour donner à vos lecteurs l’envie de le suivre dans ses aventures, il faut maintenant le rendre intéressant. Mais comment, me direz-vous ?

Un personnage intéressant, c’est celui avec qui nous parvenons à nous connecter. Imaginez-vous en pleine discussions avec quelqu’un qui vous ennuie à mourir, à la voix morne, à la gestuelle inexistante, et qui radote sur un sujet qui ne vous intéresse pas du tout. Peut-être même que vous êtes entrain de bailler, de naviguer sur votre téléphone ou de chercher une excuse pour vous enfuir au plus vite…

Maintenant, imaginez que cette personne, c’est votre héros, et que votre lecteur réagit exactement de la même façon. Pas très engageant, non ?

Afin de capter son attention, vous pouvez bien sur mettre en place des rebondissements dans votre récit, mais vous aurez beau le faire pourfendre des ennemis et conquérir le coeur d’une belle demoiselle, un chevalier morne restera toujours morne !

Les rebondissements ne doivent pas exister qu’au sein de la trame, mais aussi au coeur des émotions de votre héros. À vous de faire palpiter vos lecteurs. Jouez sur les ressentis, les réactions, les sentiments ! Faites-les rire, pleurer, hurler de colère ! Créez un peu de mystère autour de votre personnage et semez des indices sur ses origines ; faites-le affronter ses peurs les plus affreuses ; mettez-le mal à l’aise ; donnez-lui de faux espoirs ; puis offrez lui ce qu’il désire le plus. Jouez aux montagnes russes avec votre personnage, et votre lecteur, dans le wagon suivant, en fera de même !

Votre personnage a un trait de caractère particulier ? N’hésitez pas à vous appuyez dessus de temps en temps (sans aller jusqu’à l’excès !). Donnez-lui des défauts et montrez comme ils le desservent dans sa quête. Offrez-lui des réactions humaines ! Nous faisons tous des erreurs, pas seulement physiques (un coup d’épée raté…) mais aussi dans nos relations avec les autres. Blesser quelqu’un sous le coup de la colère, refuser de renouer des liens par rancune, louper une occasion de découvrir de nouvelles personnes par timidité, parler trop fort et prendre la place d’un autre dans la discussion, faire fit d’un fait d’arme exceptionnel et devenir le chouchou du professeur, quitte à s’attirer les foudres des autres élèves…

Bref, la liste est vaste ! Éclatez-vous avec vos personnages. Faites-vous plaisir ! Amusez-vous à les mettre dans des situations cocasses ! Imaginez des dialogues entre eux ! Faites-les trébucher, s’étouffer avec leur nourriture, polir leur arme jusqu’à se faire des cloques aux mains !

Si vous n’aimez pas vos propres personnages, personne ne les aimera. 😉

Un petit exercice pour finir ?

Prenez le héros de votre récit actuel et listez-en les qualités et les défauts. Est-ce qu’il vous parait cohérent ? Intéressant ? Connaissez-vous, dans votre entourage, quelqu’un qui pourrait lui ressembler ? Est-il admirable, détestable ? Quels obstacles pourriez-vous dresser sur son chemin ?

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commentaires (7)

  • Avatar
    Ellaly 2 mois plus tôt Répondre

    Bien le bonjour !

    Je viens à peine de découvrir ton article (et par la même le blog), ceci explique pourquoi je poste aussi tard. Et donc, même si ça m’étonnerait que tu y répondes, je vais quand même te partager mon avis.

    Personnellement, je suis globalement d’accord avec la majorité des choses que tu nous écris. C’est donc, à mon goût, un bon article !

    Malgré ça, quelques arguments me laissent… perplexe ?

    Tu affirmes que les personnages sont le coeur d’un récit.
    Quelques auteurs disent que dans l’histoire, les personnages ne sont que des outils. Avis que je partage. Ils sont là pour faire progresser l’histoire, qu’on s’attache à eux mais surtout à l’oeuvre en générale. Peu de personnage sont plus marquant que l’histoire dans sa globalité, pour la simple raison qu’ils sont juste une part de l’histoire. Mis à part dans, par exemple, Scherlock Holmes (de Conan Doyle mais je doute que j’ai réellement besoin de le préciser ^^’). Scherlock est le coeur du roman à lui tout seul. On pourrait aussi citer Elizabeth Bennet, dans Orgueil et Préjugés de la merveilleuse Jane Austen, le personnage est excellent et c’est ce qui donne autant de charme à l’ensemble du récit (là encore c’est un avis personnel). Mais si on prend d’autre oeuvre, vers la fantastique puisque la majorité de ton article traite de ça, ceux sont généralement les histoires qui sont marquantes, pas les personnages. Qu’est qu’on pense quand on évoque Harry Potter ? Un gamin avec une cicatrice qui se retrouve plongé dans le monde des sorciers avec des pouvoirs et qui sauve le monde. Alors oui, Harry Potter est important, mais il n’est qu’un moyen de nous plonger dans l’histoire (surtout que personnellement j’ai beaucoup de mal avec lui a cause du peu de profondeur qu’il possède). Pareil pour… Hunger Games ? Un monde divisé en district, chaque année il y a des gigantesque jeu où le but est de s’entretué et le personnage principal les remporte (avec son petit coup de coeur). Mais Katniss n’est pas spécialement marquante dans cette oeuvre, bien que je considère qu’elle soit un bon personnage pour l’oeuvre. Ce qui l’est le plus, c’est ce monde distopique. Et ça marche ainsi pour pas mal d’oeuvre, surtout celle du moment, comme Divergent, Labyrinthe…
    Donc, bien que je n’ai pas le même point de vu concernant le fait qu’ils soient le coeur, il n’empêche que je te rejoins sur le côté « un bon personnage ne suffit pas mais un mauvais c’est carrément un handicap ».
    Car malgré tout, un bon personnage envoie un bon scénario dans une autre dimension tandis qu’un médiocre ne fera qu’alourdir le roman. Seulement, des personnages transcendants qui arrivent à être le coeur du récit et donc porter l’histoire en bout de bras… Je connais que Scherlock Holmes, et encore… C’est même pas sûr qu’il puisse.

    Deuxième point où je suis pas d’accord : qu’il doit ressembler à une personne lambda. Bien que se soit généralement vrai, question d’identification, tout ça tout ça. Ce n’est pas une fatalité. Par exemple, dans L’homme qui rit, de Victore Hugo, Gwynpleine (j’ai dû écorché son nom bien comme il faut, je me souviens plus de l’orthographe exacte mais c’était dans ces eaux-là) c’était le fait que justement, il ne ressemble pas à monsieur tout le monde qui donne carrément la trame à l’oeuvre. Ok, c’était un exemple un peu extrême, mais pour faire court, le fait que justement, le personnage principal sorte un peu des normes peu apportait un petit truc en plus.

    Ensuite, en réalité tu ne parles que des Héros dans ton article. Seulement ce ne sont pas les seuls  » bon personnage ». Je vais reprendre l’exemple de Scherlock Holmes, puisqu’il est célébrissime. C’est indéniablement un bon personnage (Et personnellement un de mon TOP 3). Pourtant c’est absolument pas un héros. C’est même pas un anti héros (dont tu ne parles pas particulièrement dans ton article, ce qui est dommage). C’est plus de l’ordre du personnage médiocre, même s’il a un bon penchant anti héros tout de même. Pourtant il est excellent ! D’une profondeur inouïe ! Et cette dernière est donné par la myriade de défauts qu’il se trimbale. Pour les anti héros pur et dur on pourrait citer le magistral duo des liaisons dangereuses, de Laclos. Les deux sont aux antipodes total d’un héros (particulièrement la marquise de Merteuil de par sa condition de femme dans une histoire du XVIIIe siècle). Le fait qu’elle se rebelle à sa façon contre la société où la femme n’est pas aussi libre que l’homme est extraordinaire. Mais cela lui est permis que par son côté manipulateur, cruel et bien d’autre jolis petits défauts qui font fuir. Alors oui, ta définition du héros est correcte. Mais tu occultes une bonne grosse partie des « bons personnages ». Donc tu comprends que le « nous devons donc » me piques un peu les yeux. Un personnage n’est pas forcément obligé d’avoir plus de qualité que de défaut. Il peut être foncièrement égoïste et ne faire que se sauver la peau. Et pourtant nous être agréable car il est drôle, sarcastique et hautain.
    Et ça beaucoup d’auteur ont du mal à le comprendre, ce qui est affreusement dommage à mon goût. Un bon personnage n’a pas plein de qualité et quelques défauts bateaux qu’on note sur notre CV pour faire bien, du style « trop perfectionniste »…
    C’est sur ce point que je grince le plus des dents. Car les récits sont bourrés de personnage principaux comme ça. Tellement qu’ils finissent par tous se ressembler (attention, je jette du sel dessus, mais au fond j’aime bien ce type de perso, c’est juste qu’au bout d’un moment ça devient lassant). Sans compter ceux qui soit se projettent trop dans leur perso et finissent par les élever au rang de quasi dieu de leur univers tellement il a de l’importance pour tout le monde, soit ceux qui nous font un remake de Mary Sue ou Gary Tsu.
    Quelqu’un m’a dit : On aime les personnes pour leurs qualités. On apprécie les personnages pour leurs défauts.
    Donc il faut, à mon goût, encourager les jeunes auteurs à bourrer leurs perso de défauts (Pas du style timide ou autre, mais du genre : égoïste (car généralement dans la fantasy, tous les perso sont près à se sacrifier pour tout le monde. Ok je veux bien c’est une marque de noblesse et tout. Mais sincèrement, est ce que tout le monde, je parle ici de vrais gens, pourrais se sacrifier pour Pierre Paul Jacques à tout bout de champs ? Je ne pense pas.), égocentrique, calculateur, manipulateur, rancunier… Il en existe plein des vrais défauts ! Utilisez les bon sang !

    C’était les trois gros point noirs de ton récit, à mon avis. Sinon je suis parfaitement d’accord avec toi, surtout sur le perso interressant, bien que ce ne soit pas fondamentalement nécessaire, comme dans L’extension du domaine de la lutte de Houellebecq. Ou encore le fait qu’il doit être cohérent. Oui c’est mieux, on s’y attache plus et surtout on peut s’identifier, mais ça peut aussi être fait exprès. Comme dans l’étranger d’Albert Camus.

    Bref, mis à part quelques subtilité et mon petit coup de gueule sur le côté « bon personnage » = « personnage exemplaire avec quelques faux défauts » (qui au final leur donne un petit côté tout lisse), je suis d’accord avec toi. Et je tiens bien à rajouter que je ne veux absolument pas te blesser ou autre, juste expliquer mon point de vu.

    Bonne journée/soirée !

    PS: va falloir passer outre mes fautes d’orthographe, j’ai pas eu le temps de me relire. Désolé.

    encreduphenix
    encreduphenix 2 mois plus tôt Répondre

    Bonjour à toi et bienvenue sur Encre du phénix !

    Je vois que cet article t’a fait réagir 😉 J’aime toujours discuter avec mes lecteurs, tu ne m’as pas du tout blessé, ne t’inquiète pas. Chacun à son propre avis et peut le défendre. D’ailleurs, les articles que je publie sont en majorité basés sur « mon » ressenti, ma façon de voir le monde de l’écriture et ses différentes facettes, ce qui peut expliquer nos visions éloignées.

    Je vais tenter de répondre rapidement aux points que tu as soulevés 🙂

    « Peu de personnage sont plus marquant que l’histoire dans sa globalité » : vrai, un bon personnage, pour moi, n’a pas forcément besoin de prendre le pas sur l’histoire, au contraire. Un personnage bien construit nous permet d’apprécier davantage le récit, pas de s’y supplanter.

    Tu cites ensuite des personnages d’oeuvres « populaires », telles que Harry Potter, Hunger Games, Divergente… Les personnalités de ces héros sont assez lisses, classiques, banales, de façon à ce que chacun et chacune puisse s’y identifier. Ils ne sont jamais trop affirmés, ni du bon ni du mauvais côté, et ceci pour que nous puissions y projeter notre propre caractère sans provoquer de clash. Ce procédé est très largement utilisé en littérature jeunesse pour que les enfants, adolescents et jeunes adultes puissent se plonger dans l’histoire à travers ce personnage principal qui, au final, n’est qu’une marionnette dans laquelle ils peuvent se glisser. Ce qui revient à répondre à ton autre point qui suit concernant l’identification 🙂 Cela marche très bien en fantasy jeunesse, mais moins en fantasy adulte où, généralement, le lecteur recherche des personnages plus construits, loin des archétypes bien/mal ; là, le personnage se doit d’avoir des côtés sombres, non seulement pour paraître plus réel, mais également pour que ses déboires accrochent l’intérêt du lecteur.

    « Donc il faut, à mon goût, encourager les jeunes auteurs à bourrer leurs perso de défauts » : Je suis entièrement d’accord avec toi ; je trouve que cette tendance du personnage lisse, en littérature jeunesse, commence à s’essouffler, et que les romanciers gagneraient à davantage de réalisme et de profondeur.

    Ah, et quand je parle de héros, c’est un abus de langage ; je désigne en fait le personnage principal, qui peut aussi bien être un héros qu’un anti-héros. Mea culpa 😉

    Bien à toi

    Avatar
    Ellaly 1 mois plus tôt

    Bonjour !

    Heureuse de voir que nous partageons à peu près le même point de vu sur l’importance du héros. Et sur la majorité des points où j’ai été un peu tatillon.

    En réalité, et tu l’auras certainement compris, ce qui me met les nerfs en pelote c’est ces héros lisses. Je comprend que jeune, on ait besoin de se glisser dans la peau d’un de nos héros de bouquins préférés. Ce que je déplore en revanche, c’est que bien souvent, les gens continuent. Quand bien même le public visé est plus adulte. Et je peux facilement monter sur mes grands chevaux quand je vois des articles qui poussent les jeunes auteurs à faire ça. Et le tien, excuse moi, était plutôt dans cette direction. D’où mon pavé un peu salé. J’ignore si c’est une mauvaise interprétation de ma part ou que tu as mal écrit ce que tu voulais dire (et sans vouloir te jeter la pierre, je penche pour la deuxième, qui a été lourdement aggravé par ma presque haine envers ces perso), mais le résultat est bien là. Donc je suis plutôt heureuse de voir que mon « bourrer les perso de défauts » soit quelque chose que tu acceptes, et même que tu encourages !

    Oh ! Et pour ton avis de langage, je pense que j’aurais dû le comprendre. C’est juste que, bien plus que dans tous les autres registres, le fantastique est affreusement pauvre en anti-héros et personnages médiocres.

    Bonne soirée/journée

  • Avatar
    Tiphaine 10 mois plus tôt Répondre

    Merci pour cet excellent article ! Je pense aussi qu’un personnage doit être cohérent avant toute chose, et c’est parfaitement bien expliqué ❤️

    encreduphenix
    encreduphenix 2 mois plus tôt Répondre

    Merci à toi ! Puisse de beaux personnages t’accompagner 😉

  • Avatar
    Bosi 12 mois plus tôt Répondre

    Je suis d’accord avec tout l’article ! Sauf…
    Sauf avec le début en fait. Le personnage n’est pas forcément la partie la plus importante d’un récit. Le personnage peut être uniquement le vecteur de l’histoire, et les éléments l’entourant être bien plus important que lui. Cela va dépendre de l’auteur au final

    Mais à part ça, je suis d’accord 😀

    encreduphenix
    encreduphenix 2 mois plus tôt Répondre

    Disons que le personnage en lui-même peut ne pas être l’élément central, mais qu’il permet au récit de tenir debout 🙂

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