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La forme passive

Forme passive en écriture

Bonjour à tous, mes cher.e.s écrivain.e.s !

Aujourd’hui, nous nous intéresserons à une astuce grammaticale qui vous permettra de donner plus de vie à votre action : l’éradication de la forme passive.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, faisons une rapide mise au point sur ce qu’est la forme passive, à quoi elle ressemble, et comment l’utiliser.

La forme passive, c’est quoi ?

  • La forme passive se construit avec le verbe être et le participe passé du verbe.
  • Le verbe être peut être conjugué à tous les temps, tout dépend si l’on parle du passé, du présent ou du futur.
  • La forme passive s’emploie pour mettre en valeur l’objet direct de l’action.
  • Dans la forme passive, il peut être introduit par la préposition par. Ce complément s’appelle complément d’agent.

(source)

Quelques exemples :

  • La bête écrasa le sol. -> Le sol fut écrasé par la bête.
  • Sarah lit un roman. -> Le roman est lu par Sarah.
  • J’avalai le jus d’orange d’une seule traite. -> Le jus d’orange fut avalé d’une seule traite.

Le sujet peut parfois être supprimé lors de la forme passive si cela permet une formulation plus agréable à l’oeil.

Comment utiliser la forme passive dans un récit ?

L’avantage de la forme passive, comme cité plus haut, est surtout de mettre en avant l’objet de l’action plutôt que le sujet. Par exemple…

  • Ses yeux s’emplirent de rage. -> La rage enfla au fond de ses yeux.

La première phrase, classique, peut manquer d’intensité (surtout lorsqu’il s’agit d’une émotion aussi forte que la rage). La deuxième, par contre, met l’accent sur le ressenti du personnage. La forme passive est particulièrement utile lors des phases de descriptions longues ; nous avons le temps de nous poser, d’observer les lieux, les émotions, de passer d’un détail à l’autre et de saisir un éventail de visions très large. Elle permet aussi de varier la diction d’un paragraphe afin de ne pas tomber dans le redondant.

Mais il ne faut surtout pas tomber dans le piège de l’utiliser à chaque tournant, car elle peut très vite vous causer du tort !

Quand ne doit-on pas utiliser la forme passive ?

La forme passive peut se montrer particulièrement traitre dans les scènes d’action. En effet, de tels passages demandent des phrases courtes, incisives, afin de nous garder -littéralement- en haleine. Les phrases courtes ne nous laissent pas le temps de reprendre notre souffle, de nous poser au milieu des mots, et nous emporte dans l’action au même rythme que les personnages.

Le problème des formes passives, c’est qu’elles ont tendances à rallonger les phrases, et donc la vitesse de lecture et le rythme de l’action. Elles nous forcent aussi à dérouter notre attention. Dans les scènes d’action, nous devrions nous concentrer uniquement sur le personnage principal et ses gestes. La forme passive nous pousse à l’effet inverse. Regardez, dans cette phrase :

Je fis un pas en arrière, puis un deuxième, avant que le monstre ne se mette à charger. Je n’arrivais plus à bouger. La peur me paralysait.

Nous suivons le personnage « je » tout du long, jusqu’à cette dernière phrase qui nous coupe dans notre élan. Soudain, le sujet devient la peur. Nous quittons le personnage et nous redevenons simple spectateur, loin de la scène d’action, et plus au coeur de celle-ci.

Je fis un pas en arrière, puis un deuxième, avant que le monstre ne se mette à charger. Je n’arrivais plus à bouger. J’étais paralysée.

Ici, la forme passive est supprimée ; le rythme est plus rapide, saccadé, comme le rythme cardiaque du « je ». La lecture est fluide et le sujet reste le même. Nous restons aux côtés du personnage.

Je veux m’entraîner !

Pas de soucis 😉

Voici ci-dessous un petit texte emplit de formes passives. À vous de déceler et de corriger celles qui vous paraissent superflues.

Julia poussa le portail en fer forgé. Les gonds grincèrent. Le manoir s’élevait droit devant elle. Les tours étaient recouvertes de lierre sauvage, les fenêtres masquées par de larges toiles d’araignée et la porte d’entrée, autrefois splendide, était tombée en désuétude. La jeune femme fit un pas hésitant, puis un autre. Ses genoux étaient chatouillés par les herbes hautes. Il n’y avait pas d’autre bruit à la ronde que le son de ses pas. Elle se sentit déroutée par le silence. Où étaient passés les chiens de garde d’Arthur ? Les criquets et les guêpes qui fourmillaient, en été, dans le jardin ?

Décidée à comprendre ce qu’il s’était passé, Julia augmenta sa cadence, mais dans sa précipitation, elle en oublia de regarder où elle mettait les pieds. Soudain, le sol se déroba sous elle et elle fut engloutie par la terre. Elle tomba, tomba, et hurla à s’en déchirer les poumons. Son estomac fut retourné par la chute. Lorsqu’elle toucha enfin terre, ce fut dans une explosion de douleur qui la fit, un instant, perdre connaissance.

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