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Les 22 règles du storytelling par Pixar

Les 22 règles du storytelling par Pixar

Ces 22 règles, bien qu’arbitraires, sont à l’origine destinées au monde du cinéma, et plus particulièrement au storytelling.

Nous pouvons malgré tout les utiliser et les appliquer aux métiers du livre, car le storytelling, qu’il soit à l’écran ou sur papier, réutilise quasiment tous les mêmes rouages. Construction du récit, des personnages, captation de l’auditoire… Ces 22 règles ont été traduites et commentées afin de vous accompagner tout le long de votre écriture. Bien sûr, ce n’est qu’un guide, et certains conseils doivent être pris avec des pincettes 😉

#1: Nous admirons davantage un personnage pour ses tentatives que pour ses réussites.

Un personnage n’a pas – et ne doit pas – être parfait. Nous le suivons tout au long de son histoire et, ce qui nous tient le plus à coeur, ce n’est pas de le voir atteindre ses buts : c’est de l’observer tandis qu’il essaye, échoue, qu’on le courage, qu’il se relève. Le chemin est bien plus intéressant que la finalité.

#2: Gardez en tête ce qui intéresse votre lectorat, pas ce qui est amusant à écrire. Ce sont souvent deux choses très différentes.

Les passages les plus intéressants à lire sont parfois les plus difficiles à écrire. Soit parce qu’ils demandent des connaissances approfondies d’un point de vue storytelling ou techniques (description des différents phases d’un combat, ou de l’utilisation d’une arme à feu par exemple), soit parce qu’ils demandent une profonde réflexion émotionnelle qui vous est étrangère ou, au contraire, bien trop familière. Parfois, l’écriture est difficile, parce qu’elle réveille en nous des souvenirs que nous souhaiterions oublier. Si cette écriture vous est difficile, tant mieux : c’est l’occasion pour jeter sur le papier ce qui vous tourmente, et de toucher l’âme de vos lecteurs. Plus vous serez honnête, plus ce sera difficile à écrire, mais plus les sentiments transparaitront de votre écrit.

#3: Tenter d’inclure un thème, c’est bien, mais vous ne découvrirez celui-ci qu’au fil de votre histoire. Réécrivez sans cesse.

Certains auteurs vous diront que pour avoir un bon livre, il est nécessaire que celui-ci contienne un « thème ». L’amour, l’amitié, la découverte de soi-même… La puissance de l’espoir, la conséquence du harcèlement, les dangers de l’acharnement… Le choix est vaste. Souvent, les jeunes auteurs ont ce thème en tête. L’épopée, la quête de soi, sont des thèmes récurrents au sein de la fantasy.

Mais ce thème ne fait pas tout : ce n’est qu’une vague idée, mal définie, de ce que ressemblera votre histoire à la fin de votre écriture. Vos personnages évolueront parfois en dehors des sentiers que vous aviez tracés pour eux, votre écriture vous portera auprès de rivages inconnus, et votre style flirtera peut-être avec des sous-genres que vous n’aviez jamais envisagés – et si vous restez coincé avec votre thème en tête, vous seriez tenté de les effacer. Ce serait une grossière erreur. Ses errances sont le coeur de votre histoire. Ne les effacez pas ! Laissez-les lire et, une fois votre roman terminé, relisez-vous. Redécouvrez votre propre thème.

#4: Il était une fois ___. Tous les jours, ___. Un jour ___. En conséquence, ___. En conséquence, ___. Jusqu’à ce que ___.

Ceci est la construction classique d’un roman. Une situation de base, banale, que l’on installe en début de récit. Puis l’élément déclencheur qui provoque un changement dans la vie du héros. Les conséquences s’enchainent, jusqu’à ce que l’élément principal, le moteur de votre intrigue, se mette en place.

Si vous êtes perdu ou ne savez pas comment débuter votre roman, utilisez cette trame 😉

#5: Simplifiez. Recentrez. Fusionnez des personnages. Évitez les détours. Vous aurez peut-être le sentiment de perdre des éléments indispensables mais cela vous libérera.

La phase de correction est sans doute la plus importante, mais aussi la plus compliquée. C’est parfois cruel de supprimer des passages entiers après avoir passé des heures à les écrire. Mais si c’est nécessaire, faites-le. Concentrez-vous sur l’essentiel. Votre lecteur n’en sera que plus accro à votre roman.

#6: Quelle est la force de votre personnage, en quoi est-il doué ? Faites-leur affronter l’inverse. Comment se débrouillent-ils ?

N’hésitez pas à mettre votre personnage en échec et, mieux, d’en faire un élément décisif de l’un de vos chapitres. Non seulement parce qu’un héros qui gagne toujours à tendance à agacer, mais parce que le voir se débattre contre quelque chose où il n’est pas à l’aise l’aidera à grandir – mentalement, pour sa propre psyché, mais aussi dans l’esprit de vos lecteurs. L’accompagner dans ses combats renforce l’affection envers ce même personnage.

#7: Trouvez la fin de votre histoire avant d’imaginer le milieu. Vraiment. Les fins sont difficiles, commencez à travailler dessus dès le départ.

Vous ne pouvez pas avancer correctement dans votre récit sans savoir où il va. Vous devez avoir une chute en tête pour nous y mener, connaître les points essentiels, les obstacles, les solutions, les indices à disperser le long de chemin… Si vous tentez de construire le chemin une fois la destination déjà atteinte, cela sonnera faux.

#8: Terminez votre histoire, laissez-la même si elle n’est pas parfaite. Dans un monde idéal, nous aurions à la fois une histoire terminée et une bonne histoire, mais vous ne pouvez pas retoucher sans cesse le même texte. Vous ferez mieux la prochaine fois.

Continuez d’écrire. Vous ne pourrez que vous améliorez. Faire du surplace ne vous apportera rien de plus que la frustration. Trois passages de correction/relecture seront déjà suffisants pour un bon ouvrage.

#9: Quand vous êtes coincés, faites une liste de ce qui ne POURRAIT pas arriver. La majorité du temps, vous trouverez de quoi vous repartir en selle.

Peut-être même que vous pourrez utiliser ces éléments impossibles à un autre moment de l’intrigue 😉

Vos héros ne peuvent pas passer par la forêt ? Ils n’auront pas d’autre choix que d’emprunter une barque pour traverser le lac. Vous souhaitez rendre ce passage plus intéressant ? Cachez un monstre au fond de l’eau !

#10: Décortiquez les histoires que vous aimez. Ce que vous y appréciez est une part de vous ; vous devez les reconnaître afin de mieux les utiliser.

La meilleure écriture est celle qui vient du coeur. Écrivez ce que vous aimez lire.

#11: Poser vos mots sur papier vous aidera beaucoup. S’ils restent dans votre tête, même si votre idée est parfaite, vous ne la partagerez avec personne.

Aucune idée n’est stupide. Écrivez-la. Au pire, vous n’aimerez pas et vous le mettrez de côté. Au mieux, vous vous lancez sur une nouvelle oeuvre. Toute histoire, aussi belle qu’elle soit, ne peut être que partagée que si vous l’écrivez : alors un peu de courage, prenez votre souris ou votre plume, et lancez-vous !

#12: Mettez de côté la première chose qui vous vient à l’esprit. Faites de même avec la deuxième, troisième, quatrième, cinquième… Supprimez l’évidence. Surprenez-vous.

Les premières idées sont toujours les plus classiques, les plus faciles à trouver. N’hésitez pas à creuser et à explorer toutes les pistes qui s’offrent à vous. Noircissez des carnets d’idées. Les meilleures ne vous quitteront plus.

#13: Donnez des opinions tranchées à vos personnages. Un héros passif ou malléable est un poison pour l’audience.

Votre personnage doit avoir son propre passif, son propre caractère, et ne pas en changer dès qu’une situation différente se présente. N’hésitez pas à le montrer sous un mauvais jour. Votre héros est grognon, agressif, de mauvaise foi ? Écrivez-le. Il n’en sera que plus humain, et c’est bien plus intéressant à lire qu’un personnage mou qui dit oui à tout pour éviter le conflit (sauf s’il s’agit d’une réelle caractéristique, bien sûr !).

#14: Pourquoi DEVEZ-VOUS raconter cette histoire ? Quel est le brasier au centre de votre roman, celui qui vous donne envie d’écrire ? C’est ça, le coeur de votre histoire.

Vous avez envie d’aventure ? D’une romance passionnée ? De déjouer des injustices ? De résoudre des mystères ? Plongez-y à fond ! Explorez les clichés si ça vous chante mais n’oubliez jamais votre cible, celle qui vous donne envie d’écrire.

#15: Si vous étiez à la place de votre personnage, dans cette situation, comment vous sentiriez-vous ? L’honnêteté vous permet d’écrire des passages crédibles dans des aventures incroyables.

Puisez dans vos propres expériences, émotions et ressentis pour écrire des personnages crédibles. Vous pouvez également vous inspirez de connaissances pour brosser des portraits plus complets.

#16: Quels sont les enjeux en cours ? Donnez-nous une bonne raison de prendre parti pour votre personnage. Que se passe-t-il s’il échoue ?

Donner un but à votre personnage, c’est bien. Le voir combattre, risquer sa vie, ça nous tient en haleine. Mais n’oubliez jamais de préciser ce qu’il risque. Plus le risque est grand, et plus nous aurons peur pour votre héros.

#17: Aucun travail n’est inutile. Si ça ne marche pas, laissez tomber et avancez – vous reviendrez plus tard pour corriger.

Vous ne parvenez pas à écrire le passage parfait ? Ce n’est pas grave. Écrivez la suite. Vous corrigerez le premier plus tard, lorsque vous aurez l’esprit clair, et que vous ne serez plus tourmenté par la frustration. Souvent, écrire autre chose vous donne ce déclic qu’il vous manquait.

#18: Vous devez vous connaître. C’est ce qui fera la différence entre faire de votre mieux et chercher la petite bête. Raconter une histoire c’est essayer… Et pas broder !

Ne passez pas des heures sur un seul passage pour tenter le perfectionner jusqu’à la moindre lettre. « Le mieux est l’ennemi du bien », et c’est vrai pour l’écriture : vous ne devez pas vous perdre dans le superflu. Une bonne histoire, c’est avant tout une histoire terminée.

#19: Créer des coïncidences afin de mettre nos personnages dans des situations délicates, c’est bien ; créer des coïncidences pour les aider à en sortir, c’est tricher.

Les réussites de vos héros doivent toujours s’appuyer sur des éléments crédibles. Les coïncidences, les miracles, c’est trop facile, et c’est surtout décevant. Appuyez-vous plutôt sur les efforts de vos héros. Poussez-les dans leurs retranchements.

#20: Exercise : prenez les éléments d’un livre que vous n’aimez pas. Comment les réorganiseriez-vous pour faire quelque chose que vous aimez ?

Ce type de travail vous permet d’identifier ce que vous aimez ou non dans un récit et, surtout, comment les améliorez – ceux des autres comme les vôtres.

#21: Vous devez vous identifier avec vos personnages et vos situations. Qu’est-ce qui vous ferait agir de telle manière ?

Il est très difficile de ne pas inclure une petite partie de soi-même dans nos personnages. Nous les côtoyons autant que des amis ou des proches et, dans chaque ligne d’écriture, on y glisse un peu de soi. C’est ainsi que nos héros vivent et grandissent.

#22: Quel est le coeur de votre histoire ? Comment la résumeriez-vous en quelques mots ? C’est à partir de ça que vous pourrez la construire.

Fondez toujours votre écriture sur votre passion. Sur votre coeur.

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