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Pour qui et pourquoi écrivons-nous ?

Fleurs sauvages - Encre du phénix

On dit que celui qui est heureux n’a rien à écrire. Je dirais plutôt que celui qui se satisfait de ses limites n’a rien à écrire. Il n’est pas nécessaire à l’écrivain d’être malheureux pour coucher ses mots sur papier, mais il doit posséder ce besoin de repousser la réalité, de percer les secrets de l’imaginaire, de concevoir ce qu’il pourrait exister, au-delà ; cette envie d’explorer les mondes qui n’existent que dans sa tête et de partir à la rencontre de ses personnages.

L’écrivain doit être curieux ; curieux de nouveaux mondes, de destinées, de chevauchées et de mystères. Il doit aimer les gens, non pas forcément en aimant leur compagnie, mais en appréciant leur complexité, leurs mensonges, leurs faiblesses et leurs états d’âmes. Les Hommes sont les clés de voûte de nos histoires. Il n’y a pas de bons romans sans de bons personnages, mais de bons personnages peuvent sauver une prose sans intérêt. Que gardons-nous en mémoire ? Les enquêtes à élucider ou le grand détective aux tendances sociopathes ? Les péripéties de jeunes sorciers ou l’amitié qui les soude, les grandes histoires familiales, les trahisons et les pactes, les élans de courage des héros du récit ? Et lorsque nous explorons des paysages inconnus, ne les apprécions-nous pas au travers du personnage principal ? Qu’il les trouve hostiles, familiers ou sublimés, c’est par leurs yeux que nous construisons notre jugement.

Je crois que ceux qui écrivent le font parce qu’ils n’ont pas le choix. Que quelque part, dans tout ce fouillis d’idée, de mondes et de voix, certaines histoires ne demandent qu’à être contées. Elles ne peuvent vivre et s’épandre que par le partage. Et quel plaisir, lorsque nos lecteurs vibrent au rythme de nos personnages ; qu’ils rient, pleurent et crient avec eux ! Même les plus casaniers peuvent rêver d’aventure, enfourcher un cheval et partir au galop au cœur des longues plaines arides. Nichés dans le creux d’un bouquin, nos muscles se crispent et nos langues se délient, avec pour seule compagnie ces personnages d’encre qui respirent autant que nous.

L’aventure est réelle et c’est ainsi, en touchant le cœur des gens, que nous repoussons les limites de notre réalité.

commentaires (2)

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    Ellaly 3 mois plus tôt Répondre

    Bien le bonjour !

    Cette article est d’une justesse étonnante à mon avis. J’ai toujours plus où moins ressenti le besoin d’écrire. Et je parle bien de besoin et non d’envie. Car quand je le fais pas, alors que j’ai les mots dans un coin de ma tête, ça devient une véritable obsession. Je suis incapable de penser à autre chose, du moins de le faire pleinement. Et pourtant j’aime me dire que je possède une certaine auto-éducation.

    Pourtant je suis pas totalement contre l’idée du « on écrit quand on se sent mal ». Peut être que ça change en fonction des personnes, je n’affirme rien de général. Mais bien que je ressente ce besoin d’écrire lorsque je laisse mon esprit vagabonder quelques instants sur mes histoires – chose que j’ai appris à brider, pour le bien de ma vie privée ainsi que scolaire. Lorsque je suis « mal », le besoin n’est pas réellement plus fort. C’est juste que c’est comme si mon inspiration explosait. Juste un énorme : BOUM ! Et donc c’est comme si mon besoin d’écrire était multiplié par genre… 100 ? Mais le même théorème s’applique. J’ai une idée, des mots, une scène, des répliques, je veux la coucher sur papier. C’est juste que puisque l’inspiration est 100 fois plus forte, le nombre de mots aussi.

    Et j’ai une hypothèse toute personnelle. Les gens sont en autocontrôle permanent. Ils essayent de penser à leur vie, à eux, leur entourage, tout ça tout ça. Mais justement quand on est mal, on a pas envie de penser à ça. Et notre imagination est une solution. On y pense plus. Sans forcément s’en apercevoir. Parfois je le fais juste inconsciemment. Je deviens un petit être égocentrique et amplifie ce mal à fond. Et c’est ce qui m’a donné la majorité des passés de mes perso.

    Alors je dirais pas qu’on a pas besoin d’être malheureux pour écrire. On doit juste avoir ce besoin de s’évader, de repousser les limites de notre monde. Mais c’est vrai que, personnellement – et je pense que c’est vrai pour une majorité sinon cette citation ne serait pas si connue – l’inspiration est colossale quand je suis mal.

    Et pour le point « aimer les gens » je crois que je viens d’avoir une révélation tellement ça s’applique à moi. Car, je n’aime pas forcément leur compagnie, du moins pas très longtemps (dis comme ça j’ai l’air d’une personne horrible). Mais la dimension psychologique m’a toujours attirée. J’aime le fait que les gens soient un rassemblement d’opposés, qu’ils soient à la fois cruel et sensible, aimant et manipulateur, sensible et courageux… bref qu’ils soient humain.

    Donc je te remercie pour cette petite révélation !

    Et pour le fait de porter le roman à bout de bras, je t’ai déjà un peu agressé (gentillement hein ?) dans un autre article donc bon.

    Bonne soirée/journée !

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    Ellaly 3 mois plus tôt Répondre

    Et je viens de m’apercevoir que mon correcteur automatique a joué des siennes et que ce commentaire est bourré de faute si débiles que j’ai envie de me frapper…

    Navrée pour ce spectacle affligeant !

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